Histoire et situation

Situation et historique

Par M G, publié le jeudi 29 juin 2017 08:43 - Mis à jour le jeudi 29 juin 2017 08:56
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Situation

Le lycée « les Trois Sources » est situé dans un cadre splendide, composé d’un parc arboré aux essences rares, parsemé de sources et de canaux.
Ce parc est lui-même inclus dans un domaine clos, appelé le Valentin, où se trouve également un lycée agricole, deux gymnases, un centre de loisirs. Le lycée agricole entretient les prairies où paissent des vaches, les champs de maïs irrigués, les vergers, sur une soixantaine d’hectares.
Ce domaine a la particularité d’être maintenant entouré de toutes parts par des lotissements : il reste un espace de nature, tout en se trouvant en ville, ce qui lui confère un caractère exceptionnel.

Histoire

1654-1688: Le château de l’évêque

Le château de plaisance a été construit à la fin du XVIIème siècle, sur les ordres d'un évêque de Valence, Daniel de Cosnac. C'était un Limousin qui devint, très jeune, premier gentilhomme du prince de Conti et fut mêlé aux troubles de la Fronde. Il resta fidèle à Mazarin alors que tant de nobles se rebellaient contre le pouvoir royal, aussi reçut-il en 1654, à 24 ans, le brevet d'évêque de Valence et de Die. Daniel de Cosnac ne reçut les ordres religieux qu'après sa nomination, étant sacré à Senlis en 1655, mais peu enclin à résider dans un "désert" comme on appelait souvent un coin de province, il acheta la charge d'aumônier du frère du roi. Il se mêla à beaucoup d'intrigues de cour, politiques ou amoureuses ; sans doute sa vie n'eut-elle alors rien d'exemplaire, si l'on en croit Saint-Simon qui, dans ses Mémoires, rapporte avec sa causticité habituelle une de ses aventures et émet ce jugement où la critique l'emporte sur l'éloge : "Personne n'avait plus d'esprit ni plus d'activité, d'expédients, de ressources ; né pour l'intrigue, il avait le coup d'oeil juste, au reste peu scrupuleux et extrêmement ambitieux". Le roi Louis XIV le bannit de Paris et ses séjours à Valence devinrent plus prolongés, marqués -était-ce conviction ou calcul ?- par la lettre contre le protestantisme, profondément implanté dans la région. Revenu en grâce, il favorisa à Versailles la révocation de l'Edit de Nantes. C'est durant sa période de discrédit qu'il fit construire le château du Valentin, comme on l'appela à l'époque, qui devait être un lieu de plaisance à l'écart de la ville ; il fut achevé en 1688 mais déjà Daniel de Cosnac avait reçu une promotion à l'archevéché d'Aix-en-Provence où il mourut le 18 Janvier 1708.

Après la mort de l’évêque le domaine est acquis par la famille VEYNES de PLAN puis passe dans les mains de la famille SIEYES de PLAN,

1896 : L’école des jésuites

En 1896, le domaine est vendu à l’École Apostolique, fondée par un prêtre de la Société de Jésus, pour y installer une école secondaire, appelée « École Notre Dame du Valentin ».
Pour ce faire, il fallut, dès 1897, agrandir le bâtiment, d’une part en le surélevant de deux étages, et d’autre part, en lui adjoignant deux ailes et, pour fermer la cour carrée, une troisième moins élevée.
L’école accueillait une centaine d’adolescents, de 13 à 18 ans, pour y suivre des études classiques : trois ans de grammaire, un an d’humanités et un an de rhétorique.

1902 – 1984 L’orphelinat

Le domaine est saisi à la suite de la promulgation de la séparation de l’Église et de l’État. Puis en 1905, le département de la Drôme rachète le domaine.

 Dès 1906, le château abrite un orphelinat, ce qui sera son affectation essentielle jusqu’en 1984. Cependant, durant les deux guerres mondiales il est Hôpital auxiliaire. Pendant quelques années l’orphelinat partage ses bâtiments avec une école ménagère et hospitalière. Il porte des noms divers « Institution Agricole du Valentin », « Institution Départementale »…

En 1962, sur une partie du domaine commence la construction d’un établissement de formation agricole. Devenu lycée, il prend le nom de « Lycée du Valentin ».

1991 Le lycée « les Trois Sources »

Les trois lycées valentinois, sous l’effet de la pression démographique, étaient devenus insuffisants pour accueillir tous les élèves. Aussi, à la fin des années quatre-vingt, lorsque la Région, après les lois de décentralisation, devenue responsable de la construction des lycées, rechercha où construire le 4ème lycée de l’agglomération, elle se vit offrir par le département de la Drôme, l’opportunité de reprendre et d’agrandir le bâtiment, inutilisé depuis 1984. Un projet fut monté rapidement, une équipe d’architectes recrutée, une maquette élaborée, et les travaux furent menés bon train, puisque, débutés en 1991, ils furent terminés pour la rentrée 1992.

Une architecture en fer à cheval.

L'action des architectes modernes a été d'insérer la construction ancienne aux lignes rigides dans une sorte de fer à cheval aux larges courbes et d'étendre de part et d'autre la façade principale qui prend un caractère plus imposant. On peut estimer que l'ensemble est une réussite : ce qui est ancien n'a pas été dénaturé mais plutôt mis en valeur par les adjonctions récentes. On renonce enfin au pur fonctionnalisme prôné par Le Corbusier et ses émules et l'on rend à l'architecture son statut parmi les Beaux Arts.

Le nom du lycée

Le choix n’a pas été facile.

 En 1990, avant l’ouverture même du lycée, des syndicalistes avaient proposé lors d’une inauguration officieuse :

 LYCÉE SAINT-JOHN PERSE
1987-1975
Un des poètes majeurs du XXème siècle

Lors du choix effectif, il a été proposé :

LYCÉE Jules MOCH
1893-1885
Ancien ministre, ancien député de la Drôme

LYCÉE Maurice-René SIMONET
Ancien ministre

LYCÉE Marc de JOYBERT
1912-1985
Amiral, petit-fils d’un maire de BOURG-LÈS-VALENCE

Les élèves facétieux avaient même suggéré, au grand dam des grandes personnes sérieuses :

LYCÉE Louis MANDRIN
Célèbre brigand roué vif à Valence en 1755

C’est finalement le conseil d’administration qui choisit le 4 avril 1992

LYCÉE LES TROIS SOURCES
Ce qui rappelle poétiquement la situation particulière du bâtiment.


D'après G Mollier, D Cheney et R Berthet

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